Réponse courte d’abord, parce que c’est ce que tout le monde cherche en tapant cette requête : si vous êtes citoyen français, vous et vos enfants n’avez pas besoin de visa pour un séjour touristique au Japon de moins de 90 jours, en 2026 comme avant. Ce qui change avec des enfants, ce ne sont pas les règles de visa mais les documents annexes : passeport individuel pour chaque enfant, autorisation de sortie du territoire dans certains cas, et quelques subtilités à l’enregistrement et à l’immigration que j’ai pu observer en voyageant avec ma nièce de 8 ans via Haneda en mars dernier.
L’exemption de visa s’applique aussi aux enfants
Le Japon et la France ont un accord de réciprocité qui dispense les ressortissants français d’un visa touristique pour les séjours de 90 jours maximum, renouvelable une fois sur place sans sortir du territoire dans certains cas précis (rarement accordé, mieux vaut ne pas compter dessus). Cette exemption vaut pour tous les âges : un bébé de 3 mois voyage sous le même régime qu’un adulte. Il n’y a donc aucune formalité de visa à déposer auprès du consulat du Japon à Paris (rue du Faubourg Saint-Honoré) ni auprès des antennes de Lyon, Marseille ou Strasbourg. Ce qui bloque parfois les familles, ce n’est pas le visa, c’est le passeport de l’enfant.
Le passeport de chaque enfant, même nourrisson
Depuis juin 2013, un enfant ne peut plus figurer sur le passeport d’un parent : chaque enfant, y compris un bébé de quelques semaines, doit avoir son propre passeport individuel. Pour un mineur de moins de 15 ans, le coût est de 17 euros (timbre fiscal), la validité est de 5 ans, et le délai de traitement en préfecture tourne actuellement autour de 4 à 6 semaines selon les départements (certaines préfectures d’Île-de-France affichent des créneaux à plus de 2 mois en période de vacances scolaires). Mon conseil très concret : prenez rendez-vous sur l’outil de pré-demande ANTS au minimum 4 mois avant le départ si vous partez en juillet ou en décembre, les créneaux de l’été se remplissent dès avril.
Durée de validité exigée par le Japon
Contrairement à d’autres destinations asiatiques, le Japon n’exige pas que le passeport soit valide 6 mois après la date de retour. Il doit simplement couvrir la durée du séjour. En pratique, certaines compagnies aériennes (Air France, ANA) appliquent quand même leurs propres règles de prudence à l’enregistrement, donc gardez une marge de sécurité d’au moins 3 mois pour éviter toute discussion au comptoir de Roissy Terminal 2E.
L’autorisation de sortie du territoire (AST) : qui est concerné
C’est le point qui génère le plus de questions par mail à la rédaction. Depuis le 15 janvier 2017, un mineur français qui voyage à l’étranger sans être accompagné des deux parents titulaires de l’autorité parentale doit disposer d’une autorisation de sortie du territoire (AST), formulaire Cerfa n°15646*01. Concrètement :
- Si vous partez en famille avec les deux parents : aucune AST n’est nécessaire, même si les parents ne sont pas mariés, tant que les deux ont l’autorité parentale.
- Si un seul parent voyage avec l’enfant (cas fréquent de familles séparées, ou d’un parent qui part seul avec les enfants pendant que l’autre travaille) : l’AST signée par le parent qui ne voyage pas est obligatoire, accompagnée de la photocopie recto-verso de sa pièce d’identité.
- Si l’enfant voyage avec des grands-parents, un oncle, ou dans le cadre d’un voyage scolaire : l’AST doit être signée par un des deux parents, même règle sur la photocopie d’identité.
Le formulaire se télécharge gratuitement sur service-public.fr, se remplit à la main, et ne nécessite aucun passage en mairie ni en préfecture : il est valable sans légalisation, signé simplement par le parent, daté de moins d’un an avant le voyage. Je recommande de l’imprimer en deux exemplaires et d’en garder une photo sur le téléphone, car le personnel au sol d’Air France à Roissy le demande parfois avant l’embarquement, même si ce n’est techniquement pas un document exigé par le Japon à l’arrivée.
Ce que l’immigration japonaise vérifie réellement à l’arrivée
J’ai traversé l’immigration à Haneda Terminal 3 avec un enfant trois fois depuis 2022, et jamais l’agent n’a demandé l’AST. Ce qui est systématiquement vérifié : le passeport de l’enfant, l’adresse du premier hébergement (notez-la sur le formulaire ou préparez-la dans Visit Japan Web), et parfois un billet retour ou de continuation. En revanche, à Narita Terminal 1, un couple avec qui j’ai discuté dans la file s’est vu demander une preuve du lien de parenté pour un enfant portant un nom de famille différent de celui du parent accompagnant (cas de remariage) : un extrait d’acte de naissance traduit ou simplement le livret de famille a suffi.
Visit Japan Web, un profil par enfant
Depuis 2023, la plateforme Visit Japan Web permet de pré-enregistrer la déclaration douanière et le contrôle d’immigration sous forme de QR code. Important pour les familles : il faut créer un profil séparé pour chaque enfant, avec son propre numéro de passeport, même s’ils voyagent sous le même compte parent. Faites cette saisie la veille du départ plutôt qu’au dernier moment à l’aéroport : le site rame parfois sur le wifi de Roissy en heure de pointe, entre 17h et 19h.
JR Pass et transports : ce qui change avec des enfants
Depuis la réforme tarifaire d’octobre 2023, le JR Pass national 7 jours coûte 50 000 ¥ en seconde classe pour un adulte. Pour un enfant de 6 à 11 ans inclus, le tarif est de 25 000 ¥ (moitié prix), et les enfants de moins de 6 ans voyagent gratuitement sans réservation de siège s’ils restent sur les genoux d’un adulte. Si vous voulez un siège réservé pour un enfant de moins de 6 ans dans un Shinkansen Nozomi un vendredi soir bondé entre Tokyo et Kyoto, il faudra alors acheter un billet enfant à tarif réduit. Pensez à réserver les sièges à la voiture famille (certains Shinkansen Tōkaidō proposent un compartiment avec espace poussette, voiture 11 sur certains Hikari) directement au guichet JR dès l’arrivée, les places partent vite en haute saison.
Assurance et santé sur place
Le visa touristique n’exige pas d’assurance voyage obligatoire pour les Français, contrairement à certains pays Schengen. C’est une erreur de s’en passer : les consultations pédiatriques à l’étranger coûtent cher au Japon sans couverture. À Tokyo, la Tokyo Medical and Surgical Clinic, dans le quartier d’Akasaka (à 5 minutes à pied de la station Tameike-Sanno, lignes Ginza et Namboku), reçoit des patients anglophones et francophones occasionnellement, avec une consultation pédiatrique standard autour de 25 000 à 35 000 ¥ sans assurance. Une assurance type Chapka ou celle incluse dans certaines cartes bancaires premium couvre généralement ces frais avec avance de fonds ou tiers payant partiel.
À anticiper avant de partir
Le point qu’on oublie souvent : si vos enfants ont des passeports qui expirent dans moins d’un an, lancez le renouvellement bien avant de réserver les billets d’avion, car les tarifs les moins chers vers Tokyo (vols Air France ou ANA au départ de Roissy) partent généralement 4 à 5 mois à l’avance, au moment précis où les démarches de passeport doivent déjà être engagées si vous voulez éviter le stress de dernière minute en préfecture. Et gardez en tête que l’AST, bien que non contrôlée à l’arrivée au Japon dans la majorité des cas que j’ai observés, peut en revanche être exigée par la police aux frontières française au départ de Roissy ou d’Orly, en particulier si un seul parent voyage avec plusieurs enfants et que le nom de famille diffère : mieux vaut l’avoir sur soi plutôt que découvrir le problème porte d’embarquement fermée.
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