Une mer intérieure entre légende et sérénité

La mer intérieure de Seto (Setonaikai) est sans doute l’une des régions les plus envoûtantes et les moins fréquentées par les touristes étrangers au Japon. Nichée entre les îles de Honshu, Shikoku et Kyushu, elle abrite des centaines de petites îles parsemées comme des joyaux sur une eau turquoise et calme. Loin de l’agitation de Tokyo ou Osaka, les villes côtières pittoresques de cette mer intérieure offrent un voyage hors du temps, entre ruelles anciennes, temples perchés sur les collines, ports de pêche traditionnels et une gastronomie maritime exceptionnelle.

Pour les voyageurs français en quête d’authenticité, la région de Seto représente une véritable alternative aux circuits touristiques classiques. Ici, le rythme de vie est plus lent, les habitants accueillants, et chaque ville côtière raconte une histoire différente liée à la navigation, au commerce ou à l’art contemporain.

Onomichi : la ville aux mille temples et à la vue imprenable

Onomichi, dans la préfecture de Hiroshima, est souvent considérée comme la porte d’entrée idéale vers la mer intérieure de Seto. Cette ville côtière pittoresque s’étend en pente douce entre la mer et les collines, offrant des panoramas spectaculaires depuis ses sentiers de randonnée urbains. Le célèbre “chemin des temples” (Onomichi Temple Walk) permet de découvrir plus de 25 sanctuaires bouddhistes en une demi-journée de marche tranquille.

Onomichi est également le point de départ du Shimanami Kaido, une route cyclable mythique reliant Honshu à Shikoku via six îles connectées par des ponts suspendus. Louer un vélo ici est une expérience incontournable, permettant de traverser des paysages maritimes à couper le souffle tout en s’arrêtant dans de petits villages de pêcheurs.

Que faire à Onomichi ?

  • Grimper au sommet du mont Senkoji pour une vue panoramique sur la mer intérieure
  • Flâner dans les ruelles commerçantes bordées de cafés rétro et de boutiques d’antiquités
  • Déguster les fameux ramen d’Onomichi, réputés dans tout le Japon
  • Prendre le ferry vers l’île de Ikuchijima pour visiter le temple Kosanji

Tomonoura : le port historique figé dans le temps

Moins connue mais tout aussi charmante, Tomonoura est une petite ville côtière pittoresque de la préfecture de Hiroshima qui a inspiré le célèbre film d’animation “Ponyo sur la falaise” du studio Ghibli. Son port ancien, ses maisons de marchands datant de plusieurs siècles et son phare emblématique en font un lieu photogénique et empreint de nostalgie.

Tomonoura était autrefois une étape essentielle pour les bateaux naviguant entre l’ouest et l’est du Japon, attendant les marées favorables pour poursuivre leur route. Aujourd’hui, on peut encore visiter d’anciennes distilleries de saké, déguster des fruits de mer fraîchement pêchés et se promener le long des quais en pierre datant de l’époque Edo.

Kurashiki : le quartier Bikan et son atmosphère vénitienne

Bien qu’un peu plus à l’intérieur des terres, Kurashiki mérite amplement sa place parmi les destinations emblématiques de la région de Seto. Son quartier historique Bikan, traversé par un canal bordé de saules pleureurs et d’entrepôts blancs à toit noir, dégage une atmosphère unique, parfois comparée à une petite Venise japonaise.

Cette ville marchande prospère à l’époque Edo grâce au commerce du riz et du coton a su préserver son patrimoine architectural exceptionnel. On y trouve également l’un des plus anciens musées d’art occidental du Japon, l’Ohara Museum of Art, qui abrite des œuvres de Monet, Renoir et El Greco.

Les îles d’art : Naoshima, Teshima et Shodoshima

Impossible d’évoquer la mer intérieure de Seto sans mentionner ses îles devenues des sanctuaires de l’art contemporain. Naoshima, en particulier, attire des visiteurs du monde entier grâce à ses musées signés par l’architecte Tadao Ando, comme le Chichu Art Museum, ainsi que ses installations artistiques disséminées dans les rues du village, dont la célèbre citrouille jaune de Yayoi Kusama.

Teshima, sa voisine, séduit par son musée organique fusionnant architecture et nature, tandis que Shodoshima, plus grande, est réputée pour ses champs d’oliviers, ses gorges spectaculaires et son huile d’olive produite localement, une rareté au Japon.

Comment visiter ces îles ?

  • Depuis Uno (préfecture d’Okayama), des ferries réguliers desservent Naoshima en moins de 20 minutes
  • Depuis Takamatsu (Shikoku), plusieurs liaisons maritimes permettent de rejoindre Shodoshima et Teshima
  • Un pass ferry combiné peut être avantageux pour explorer plusieurs îles en une seule journée

Takamatsu et Matsuyama : deux portes vers Shikoku

Takamatsu, ville portuaire dynamique de Shikoku, constitue un excellent point de départ pour explorer la mer intérieure côté sud. Son jardin Ritsurin, l’un des plus beaux jardins japonais traditionnels, mérite une visite prolongée, surtout à l’aube quand la lumière rasante sublime les pins taillés et les étangs.

Plus loin, Matsuyama séduit avec son château perché sur une colline et ses bains thermaux de Dogo Onsen, réputés comme les plus anciens du Japon et source d’inspiration pour le film “Le Voyage de Chihiro”.

Gastronomie locale : les saveurs de la mer intérieure

La cuisine de la région de Seto met à l’honneur les produits de la mer grâce à des eaux calmes et poissonneuses. Parmi les spécialités incontournables, on retrouve le tai (daurade) préparé en sashimi ou grillé, les huîtres d’Hiroshima particulièrement charnues, ainsi que l’udon de Sanuki, originaire de la préfecture de Kagawa, reconnu pour sa texture ferme et élastique.

  • Tai meshi : riz cuit avec de la daurade et une sauce soja légère
  • Kaki (huîtres) grillées ou frites, spécialité d’Hiroshima
  • Sanuki udon, souvent servi froid avec une sauce dashi
  • Huile d’olive et produits dérivés de Shodoshima

Quand visiter la mer intérieure de Seto ?

Cette région bénéficie d’un climat doux toute l’année, ce qui en fait une destination véritablement évergreen. Le printemps offre des paysages fleuris et une température idéale pour le vélo, tandis que l’automne colore les collines de rouge et d’orange. L’été permet de profiter des plages et des ferries, alors que l’hiver, plus calme, offre des tarifs plus avantageux et une atmosphère paisible propice à la contemplation.

Comment s’y rendre depuis les grandes villes japonaises ?

La région de Seto est facilement accessible en train à grande vitesse (Shinkansen) depuis Osaka ou Tokyo, avec des arrêts pratiques à Okayama ou Hiroshima, deux hubs stratégiques pour rejoindre ensuite les villes côtières et les îles en train local ou en ferry. Louer une voiture peut également s’avérer utile pour explorer les zones plus reculées à son propre rythme.

Conclusion : une région à ne pas manquer

Les villes côtières pittoresques de la mer intérieure de Seto offrent une facette du Japon rarement explorée par les visiteurs pressés, mais infiniment riche pour ceux qui prennent le temps de la découvrir. Entre patrimoine historique, art contemporain, gastronomie maritime et paysages apaisants, cette région constitue une étape mémorable pour tout voyage authentique au Japon, loin des foules et proche de l’âme véritable du pays.

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